Deux idées contre l’épistémologie moderniste

Deux idées épistémologiques d’inspiration platonique et patristique, avancées contre le modernisme

 

1. L’épistémologie platonique est (fondamentalement) beaucoup plus cohérente et complète que toute épistémologie moderniste. La Noésis, la connaissance purement intuitive et supra-discursive qui n’est pas limitée par la subjectivité humaine et individuelle, est le type de connaissance le plus fondamental et certain que nous pouvons posséder – ceux qui ne l’ont pas sont incapables de faire de la philosophie sans des défauts fondamentaux au moins dans les prémices de leurs arguments. Apres la Noésis, nous avons Dianoia, Pistis et Eikasia comme types de connaissance, de moins en moins certaines et fondamentales.

Les principales systèmes épistémologiques du monde moderne (comme l’empirisme ou le rationalisme) regardent comme les plus fondamentaux et certains l’expérience sensorielle et la raison discursive. Toute invention philosophique du monde moderne contient des imperfections fondamentales parce qu’elle renie le noétique (ou au moins son importance comme base philosophique).

L’allégorie de la caverne (de Platon) est une bonne explication pourquoi nous restons bloqués dans le paradigme moderne – nos théories de la connaissance ne reconnaissent que le sous-noétique (lui-même “assiégé” par le post-modernisme). Nous sommes bloqués dans la caverne, et nous ne pouvons pas saisir la possibilité-même d’acquérir un type de connaissance plus haut et certain que ce que nous possédons à présent – notamment, l’expérience par notre faculté noétique des énergies incréées de notre Créateur en vivant une vie ascétique.

 

2. L’absence de passions (“apatheia” en grec)  doit être un axiome de la raison pratique. Le manque d’apatheia des humains est la raison pourquoi les systèmes épistémologiques individualistes (rationalisme, empirisme, scepticisme) ne fonctionnent pas. Comme l’ont aperçu même les mouvements romantique et pragmatiste, l’individu qui ne se fie qu’à ses propres expériences sensorielles et qu’à sa propre raison discursive n’a aucune assurance que son cerveau produira la plus cohérente conclusion ou solution à quoique ce soit – car cette solution peut l’empêcher d’atteindre l’agréable récompense psychologique  produite par l’obéissance à certaines passions.

L’épistémologie individualiste est très souvent, pour les gens ordinaires, une excuse pour vivre dans le nihilisme, dans la subversion irrationnelle de tout ce qui ne leur plait pas.

 

(Le point 1 a été presque entièrement inspiré par les idées de Clark Carlton dans sa série de podcasts “Understanding the Modern and Post Modern Mind”)

Deux idées sociopolitiques et métaphysiques avancées contre le féminisme

Deux idées sociopolitiques et métaphysiques d’inspiration platonique, aristotélicienne et patristique, avancées contre le modernisme

 

1. Selon la théorie des formes appliquée au genre (1) – un homme est une manifestation singulière particulière de la forme/idée de la masculinité, une femme – une manifestation singulière de la forme de la féminité (et les formes ont éternellement été pensées par le Créateur (2)). L’homme et la femme appartiennent à l’espèce humaine tous les deux et sont en relation de complémentarité et non pas d’interchangeabilité.

 

2. L’être humain est un animal moral, politique et social par nature, il naît ainsi, son espèce a évolué ainsi. Donc, les fondements (ou bases) des structures des ordres moral, social et politique (ces trois ordres étant eux-mêmes liés) sont inhérents à toute l’humanité; chaque individu est porteur de cette essence et celle-ci se manifeste une fois qu’il assume ses rôles dans les communautés auxquelles il appartient. Ainsi, le patriarcat est inhérent aussi à la relation homme-femme (3) – et celui-ci ne peut pas être aboli sans détruire aussi les fondements de l’ordre moral.

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(1) du point de vue de la métaphysique des universaux, la théorie du genre n’est rien d’autre que le nominalisme appliqué au genre; à celui-ci, il faut répondre par l’application du réalisme au genre.

(2) référence à la notion d’idées divines de Saint-Augustin d’Hippone.

(3) car la société humaine depuis la préhistoire a toujours été ainsi et car l’autorité patriarcale s’est souvent manifestée interdépendante avec des éléments de l’ordre moral et religieux.

Comment le système d’enseignement d’aujourd’hui fonctionne mal

Les enfants vont à l’école, innocents et motivés d’apprendre et de devenir cultivés. Avec le temps, ils comprennent qu’il faut fournir des efforts pour l’école que l’on n’a pas toujours envie de fournir. Ils reçoivent l’explication matérialiste (et illusoire) qu’ils vont à l’école pour pouvoir plus tard avoir un travail (vocation suprême du citoyen selon les pouvoirs en place). Du coup, peu à peu, à l’école secondaire, de plus en plus d’élèves commencent à ne pas fournir des efforts pour étudier – ils vont à l’école non pas pour devenir cultivés mais surtout pour recevoir leur diplôme à la fin, après tout. Et leur dire que ce n’est pas ainsi, que leur vie a plus de sens et de dignité que juste de satisfaire leurs besoins matériels et d’être utiles à la société – ce serait un pire crime contre le relativisme et matérialisme de renier ces deux sens ou d’affirmer d’autres !
Grace à cette blague de “lutte contre l’échec scolaire”, on les laisse passer – la situation est tellement désespérante que l’on ne voit pas une autre solution à part les laisser passer… pour qu’ils puissent avoir leur diplômes et en finir avec ces Hugo et Mendeleïev “à la con” qu’ils n’aiment pas (car personne n’a voulu instaurer en eux la passion de la culture et de l’intelligence). Ainsi, on décide de démocratiser l’enseignement et de le rendre obligatoire même pour les familles qui avant pouvaient se permettre de payer pour ou d’organiser une meilleure éducation pour leurs enfants. Cette démocratisation essaie de mettre les enfants de familles de bas statut social ou en précarité (qui, à cause du matérialisme et de la précarité, ne sont pas autant motivés de devenir intelligents que d’avoir de l’argent) avec les enfants de familles de classe moyenne. On finit – “grâce” au système et à ses valeurs – par corrompre aussi la classe moyenne… et avec ceci, la majorité de la population.
Pour se rassurer que les professeurs serviront les pouvoirs en place, on limite leur liberté professionnelle et on instaure un système de compétences bien précises et bien définies – mais qui sont complètement centrées surtout sur l’idée que chaque enfant va à l’école pour pouvoir, plus tard, avoir un boulot – et non pas pour développer sa propre humanité et intelligence.
Egalement, on enseigne aux futurs professeurs, sous prétention de neutralité, des idées révolutionnaires, “prolétariennes” (lire “marxistes”) et matérialistes, et pro la “démocratisation de l’enseignement” et de la société. Toute chose dite est sous les prémices de l’Education nouvelle, et toute pensée qui pourra se montrer à l’esprit qui contredit ce système doit être éliminé car elle empêche le conditionnement des futurs professeurs dans le but de faire d’eux des soumis aux pouvoirs en place.
Envoyer son enfant dans un milieu pareil, et sans instruction parentale pour le protéger contre les effets qui proviennent du relativisme, du réductionnisme et du matérialisme, est une forme de maltraitance de l’enfant.

J’ai donc décidé :
– que j’essayerai d’être un bon (et neutre) enseignant, en accord avec ma conscience, mon amour pour les élèves et leur droit à un enseignement humain, et ceci malgré certains éléments de la pédagogie qui m’est enseignée ! Tout ceci se fera dans le cadre de ce que la loi me permet – pour ne pas faire peur aux parents et pour assurer l’argent pour le pain et l’enseignement de mes propres enfants.
– que je laisserai mes enfants le moins de temps possible dans l’enseignement à l’école, et probablement que je leur assurerai un enseignement à domicile intégral, si pas ici en Europe occidentale – j’aurai le regret de devoir le faire ailleurs !

 

Remarque sur la démocratie et la démocratisation de l’enseignement

Le passage de l’ancien ordre à l’ordre moderne aurait pu avoir deux fondamentalement bons côtés.
D’abord, il aurait pu étendre graduellement la noblesse jusqu’à ce que la noblesse et le peuple soient presque la même chose (après tout, la démocratie dans son bon état est sensée être le gouvernement par le peuple qui est la noblesse). Ceci a échoué – le peuple n’est pas devenu d’une façon prédominante intelligent et honorable, et ainsi le peuple n’est pas noble et ne peut être vu comme un bon gouvernant.
Deuxièmement, la démocratie était capable de limiter le pouvoir du chef d’état en ayant une place constitutionnelle qui restreint son pouvoir. Même si les chefs d’état eux-mêmes ont peu de pouvoir dans plusieurs pays, la démocratie a laissé l’enseignement être entièrement géré par le gouvernement (élu par les représentants eux-mêmes élus par le peuple), laissant peu de place aux initiatives de groupes et individus non-liés à la bureaucratie au pouvoir. Ainsi, il n’y a point de moyen de restreindre les décisions du ministère de l’enseignement.

Where the case of our Holy Faith is strongest

“[N]othing is more beautiful, profound, sympathetic, reasonable, manly, and perfect than Christ [and] not only is there nothing more but there can be nothing more.” – Dostoevsky

It seems to me that empirical science itself, in order to be consistent with its method based on empirical experience, has to work with the physical universe as if it is a closed system where nothing else intervenes. This is its advantage (no arbitrary ex-nihilo appearances accepted) and its limit (science can’t tell anything about what is not contained in the Cosmos). Naturalists say that all knowledge other than that is either illusory or else useless speculation that makes things more complicated than they would be in the naturalist explanation.

Ultimately, practical reason and human psychology seem to be much more on our side than science. Science is limiting, because if naturalism (or, in other words, the “sexed-up atheism” called pantheism) are true, then God (or Being-itself), and we as part of him, are a meaningless thing that *just is* for eternity – which as a mode of being is still completely possible to be studied by science.

This meaninglessness, however, renders inherently purposeless (a) the search and knowledge of truth and (b) our decision to believe in free will or in determinism.
Knowledge of truth needs to be inherently significant, and thus we human persons need to be inherently significant beings – otherwise it doesn’t make any objective difference whether we know the truth (naturalism or supernaturalism) or we don’t. And for this, God (Being-itself) needs to be *both* transcendent and immanent, not just the latter. This should be an axiom of sorts, a first principle of practical reason.
In the same way, free will alone is the only explanation of the validity of our choice to believe or not in free will. What I mean by this is: if I was determined since forever to believe or to disbelieve in free will, then the absence of any real decision makes my belief about free will inherently irrelevant – and thus, from a practical point of view, it makes no difference.

The necessity of bona fide on both sides is absolute, that said. Both naturalists and theists should know that all the rational debates are done under premises, and that no set of irreligious premises is more neutral, self-evident or natural than any set of religious premises – and vice-versa. It is utterly unconvincing to argue that your beliefs are self-evident – and thus it is, in practice, purposeless.
Something similar goes about arguments about revelation – it is impossible to pass down the experience of the Triune God that prophets have from that one person to another – just as my personal experience of both the created and the uncreated is unique, different from your personal experience of the created and the uncreated. Thus, a leap of faith, a will to positively believe in either naturalism or theism is required.

Here, the Nietzschean can come and say that it is our duty to let ourselves be shaped by the unbearable and meaningless truth of our worthlessness and meaninglessness – and that if this doesn’t kill us, then one day the Ubermensch will emerge. Only the psychology of the human person can tell the him “No, rather than to will to believe that I am just an element, part of an eternally-evolving meaningless Cosmos, I will choose to believe that I was created by an all-loving God.” Only few are capable of living in the way that Nietzsche argued we should – both Frederich Nietzsche and Anton LaVey knew that one is by birth to be this self-made divinity or isn’t at all.
But just as anyone is free to try to become a self-made god, so even these strong men are actually capable of desiring God. Christians are neither monists nor dualists – and thus they can agree with the necessity of asceticism believed by Eastern religions, but also with the preference to desire and love the good rather than to reject and hate evil – the Nihilists’ idea that one ought, above all else, be a yes-sayer. We have much to offer both of these groups – as long as we actually show that there are saints who live by God’s law and love – that only in Christ is there a solution that denies no single experience of the human being.

It is, above all, by His presence in the lives of the Saints that God is capable of triggering a person’s will to believe in the Him. Also, even if we may perceive this as the logical fallacy of “ad hominem” (for example Christian hypocrisy doesn’t prove our Faith wrong), actually our incapacity to show non-Christians living examples of people living our Faith is the most compelling argument against our case – it makes Nihilists call us hypocrites who deny man all that is human to him, and makes them want to be unlike us.
As the Russian Saint Seraphim of Sarov has said – “Acquire a peaceful spirit, and around you thousands will be saved.”

Le vœu pieux de l’égalité

Objectivement, la nature ne suggère point de besoin, de nécessité et/ou de justice vis-à-vis le concept de l’égalité – que celle-ci soit entre deux ou plusieurs individus ou groupes, et qu’elle soit dans le domaine social, culturel, économique ou politique. Au contraire, la sélection naturelle suggère le conflit entre la volonté des forts et celle des faibles et la victoire des premiers, peu importe qui dit ou veut quoi. Dans le meilleur cas, l’égalitarisme est un vœu pieux, dans le pire – c’est une expression d’envie du faible envers le fort. En tout cas, c’est une opinion erronée. L’égalitarisme est le résultat des opinions erronés (a) que les choses n’ont pas une nature qui leur est propre et inhérente, (b) que l’ordre social spontané est toujours pire que l’ordre social bâti sur la volonté et les calculs de l’homme, et (c) que la société existe non pas parce que c’est inhérent pour l’homme d’appartenir à une communauté non-choisie mais que la société est fondée sur le consentement, sur un “contrat social”.

La seule manière de juger si quelque chose ne va pas bien dans le monde, c’est d’apprendre comment le monde marche proprement – en observant le monde. Il ne peut y avoir une injustice dans la façon d’être du monde, car toute notion de justice ne peut qu’être tirée de la façon d’être du monde (ou révélée par le Créateur du monde). L’homme ne va pas devenir beaucoup plus bienfaisant ou malfaisant si on essaie de réinviter la société selon des calculs – il faut toujours tenir compte de ce qui est bien et de ce qui est mal dans l’homme. Le sexe masculin, en général, est né plus fort que le féminin, plus autoritaire et ne peut pas porter d’enfants – donc c’est naturel et juste que tous les soldats soient des hommes, que la société soit patriarcale, et que l’homme ait plus de liberté sexuelle que la femme. Selon les standards naturels de notre espèce, ceci est juste – toute notion d’injustice ne peut venir que des opinions abstraits (“notre espèce n’est pas sensée être comme elle est… car ca me déplaît”).*

Si certains veulent prouver qu’homme et femme s’est “pareil”, qu’ils sont interchangeables, que, comme le comte de Maistre a dit, “la nature de la vipère est d’avoir des ailes et une voix mélodieuse, et que celle du castor est de vivre isolé sur le sommet des plus hautes montagnes” – c’est à eux de le prouver. Jusqu’à là, il ne faut que se baser sur ce dont on a déjà eu l’expérience – notamment le monde, tel qu’il est.

 

*Dans d’autres cas, la révélation peut aussi donner une explication de la souffrance des personnes dans l’état dans lequel le monde est et leur sens d’injustice (“l’humanité est déchue de son état originel”). Sans cette révélation, c’est Nietzsche qui a raison: “Il ne faut rien demander d’autre, ni dans le passé, ni dans l’avenir, pour toute éternité. Il faut non seulement supporter ce qui est nécessaire, et encore moins le cacher — tout idéalisme c’est le mensonge devant la nécessité — il faut aussi l’aimer”.