Mes problèmes avec le discours et les débats contemporains

L’erreur réductionniste. Le commun entre le freudien ou le marxiste et le philosophe ou chercheur honnête, c’est qu’ils cherchent la vérité. La différence, c’est que le premier groupe réduit souvent les objections à leurs arguments à des causes ou motivations irrationnelles. Le deuxième groupe ne renie pas la possibilité, mais continue à argumenter en se basant uniquement sur le contenu rationnel des arguments.

On peut tout aussi facilement étudier les motivations économiques de quelqu’un qui accepte le marxisme, et les causes psychologiques chez les gens qui étudient la psychanalyse, ou qui réduisent tout à des causes ou motivations irrationnelles, ou chez ceux qui ne croient pas en Dieu. Cela peut même être vrai ou utile, mais l’utiliser pour réfuter son adversaire est malhonnête.

 

L’erreur du vœu pieux. L’homme honnête aime la vérité, et veut qu’il soit conforme à elle, tout en sachant qu’elle ne sera pas toujours confortable pour lui. Son ami, le rêvasseur, il décide que les hommes de son époque ne sont pas libres, qu’il manque d’égalité entre les hommes, et que les droits de l’homme ne sont pas respectés. Par conséquent, puisque la liberté, l’égalité et les droits de l’homme lui plaisent et qu’ils doivent se répandre dans la société, il se dira qu’ils doivent avoir une base dans la réalité. Autrement dit, ils lui plaisent, donc ils sont vrais. La seule bonne mesure de liberté, c’est le maximum de liberté.

L’existentialiste, lui, il trouve que nous vivons dans un monde absurde. Il décide que si nous avions des essences fixe, alors nous serions limités, que notre libre arbitre serait limité parfois par ce qui est naturel pour nous. Avoir déjà calomnié et psychanalysé l’homme honnête, il décide que si la réalité n’est pas soumise à l’homme mais que l’homme lui est soumis, sa volonté serait limitée. Donc, il décide que nous n’avions pas d’essence fixe.

 

L’erreur du mythe du progrès. Le mythe: au début de la modernité, on a eu la Renaissance, qui a réfuté des superstitions; puis la reforme protestante, qui nous a appris la tolérance d’opinions; puis la révolution copernicienne, qui a appris à l’humanité que si Dieu existe, il s’en fout de nous; puis la révolution des Lumières, qui nous a apporté la raison et met l’Homme au centre de la société; puis la révolution française, qui nous a apporté la démocratie, la liberté et l’égalité; et puis mai 68 qui nous a apporté encore plus de liberté, d’égalité et de bien-être.

Les faits: le racialisme scientifique a été de retour avec la modernité malgré l’universalisme chrétien; la Renaissance n’a pas toujours traité la vérité en tant qu’une fin en soi, sinon elle n’aurait pas ignoré l’importance de la métaphysique; après 1492, on a connu le retour de l’esclavage; la reforme protestante a poussé la société et la politique, peu à peu, à donner plus d’importance à la tolérance et liberté des opinions qu’à leur véracité et établissement.; les Lumières présumaient le christianisme faux sans jamais l’avoir réfuté, tout en le méprisant et en basant sur son universalisme leurs idées des droits de l’homme; 1789 a renié la France et son Dieu pour en créer une nouvelle, usurpatrice; mai 68 a aliéné les individus en les libérant de leurs liaisons de dépendances et devoirs envers les uns les autres.

L’histoire n’est pas seulement un zigzag, où le progrès quelque part se passe simultanément avec un règes autre part, elle est même bien plus ennuyante que toutes les mythologies avec des événements symboliques et les complotismes.

De plus, la conception mémétique du gène égoïste nous montre qu’il y a une grande possibilité que si un mème (une idée) survit la sélection naturelle, c’est parce que le mème est plus fort, et non pas parce que l’idée qu’il répand est vraie. Moderne ne signifie pas nécessairement ni bon ni vrai.

 

L’importance des principes fondamentaux. Pour pouvoir argumenter en politique, il faut savoir si l’on est d’accord avec ses adversaires idéologiques sur cela. Quel état de la société est-il désirable en-soi? Présume-t-on un principe omniprésent et primaire pour toute chose, le Logos? S’il y a un Logos, toutes les valeurs viennent de lui – même si on rejette la théocratie et décide que l’homme est la mesure de toute chose, ce sera un homme en l’image de Dieu. S’il n’y en a pas, alors il faut choisir entre l’humanisme laïc ou le nihilisme (ultimement, c’est la même chose). Toute idée a des conséquences. Est-ce que c’est le Vrai, le Beau et le Juste qui sont les fins de l’humain, ou est-ce que ce sont la liberté, l’égalité et l’autonomie? Tout cela, on le présume en tant que principes fondamentaux qu’on ne remet pas en question.

Dans ce domaine, je pourrai être d’accord que l’on m’accuse d’être un ennemi de l’égalité et du multiculturalisme. Je le suis – mais c’est parce que je ne pense pas que l’égalité doit être toujours au maximum mais qu’elle doit être mise à sa place juste, et que le multiculturalisme d’aujourd’hui est une erreur. Tout doit être conforme au Vrai, Beau et Juste, c’est cela mon point de départ. Et je présume que ce que l’on voit comme Vrai, Beau et Juste transcende l’homme et est révélé par Celui qui transcende l’homme! Depuis des temps primordiaux, l’homme, création de la Vérité, ne peut pas l’oublier et ne pas la désirer. La division philosophique, culturelle et idéologique primaire, c’est entre celui qui croit en cet ordre transcendant et celui qui ne croit pas.

A response to “What natural theology does for personal piety”

This article is a response to Bonald’s article “What natural theology does for personal piety”

 

While I will most likely not address Bonald’s points in the order he put them, and not even all of them, I have a few things to say on this topic, one that I find most interesting:

1. Bonald’s article is a clearly Catholic response to Charlton’s ideas.

“Roman Catholicism teaches that human reason can prove that God is; and, even infer that He is eternal, infinite, good, bodiless, almighty, all-knowing, etc…Orthodoxy teaches that the knowledge of God is planted in human nature and that is how we know Him to exist. Otherwise, unless God speaks to us, human reason cannot know more.” — The Orthodox Christian Page

The Catechism of the Catholic Church also says “Though human reason is, strictly speaking, truly capable by its own natural power and light of attaining to a true and certain knowledge of the one personal God, who watches over and controls the world by his providence, and of the natural law written in our hearts by the Creator”.
While I will address this in points 3 and 5, I will say that I think that God does not force his presence on our empirical and rational faculties, because he wants us to love him freely, not out of a mercenary spirit (of which I don’t necessarily accuse Western Christians). Not only this, but the mystics have even written about a spiritual drought, in which God ceases to reveal His presence to the Christian’s noetic faculties, so that the Christian may learn to love him purely and with faith and not because of reassurance in His existence. Even Mother Theresa has spoken about such a spiritual desert.

2. There was a period where I was interested in all the debates and rational arguments about the existence of God. I no longer am satisfied with them, and in fact feel no desire to listen to them at all. One of the New Atheists complained that theists no longer advance new arguments, and I think that this is right – for both sides.
In fact, these debates shook my faith. I had no satisfaction from neither the theist nor the atheist side of cosmological, ontological and free will problems. I think that whatever position you have already taken, these things would make sense both ways – and there is no way to persuade the other side. An unmoved mover is simply not a necessity if the universe is eternal, there are plenty of ways to explain patterns other than design, and free will can just as well be an illusion. The case of the resurrection I find stronger, but insufficient since it reposes on the historical method which is epistemologically materialistic.
I think the two best arguments are that (1) religion is simply natural to mankind – that all of humanity throughout history and even prehistory has believed in a transcendent reality; the other good argument is (2) the argument from experience, where I think it is bias to assume that what an Athonite monk experiences during his incessant prayer is just an illusion – my relations with the world around me can just as well be an illusion, but it is a necessity to take the leap of faith in the name of practical reason, and you have to take the leap for both cases or for none.

3. Thus I think that reason is incapable of decisively proving or disproving God. I believe the theist arguments, but they cannot lead other to the faith. This is why I find existentialism very important (and very Eastern Orthodox). I think that ultimately, even if we have “our little reasons” to believe, the question of the leap of faith is that of deciding to love God and to trust him, in other words to take the wager. I think that it comes naturally to man to find out about God – that’s why babies are not atheists.
So I think that we should become people of faith and reason, and that man’s essential condition does not only make him a rational being, but also an existential being; and that man existential condition requires not only faith, but protection from arbitrariness and insanity by reason. Thus, I reject both Aristotelian rationalism and fideism, and the false dichotomy of justifying faith with either faith itself or reason.
(Speaking of existentialism, I may as well note that the Orthodox view of the fall is not that of an ontological change, but of an existential change. Thus, we do not speak of a “fallen nature” but of “fallen men” and a “fallen condition”. Our fall was a leap of faith into egotism, disobedience and self-centredness, and only through divine grace can we cross back the bridge to our natural condition of loving and serving God.)

4. Charlton seems open to many doctrines, it seems to me. I cannot, of course, do anything but feel happy that he is interested in theosis and other Orthodox doctrines. I think that in the case of the problem of evil, there is simply no answer, regarding it from the human condition. That is, the answer “only God knows” is not an acceptable answer, it is a non-answer, even if I hold that this one is precisely true. “Were you there when I created the world?” Exactly.
I think that in The Brothers Karamazov, Dostoevsky very well shows that we are not to react to this problem of evil as a deist, but as an active Christian – with patience, silence and love of neighbour. It’s not rational, but being a Saint is far more important than to advance in natural theology; that is, it is better to experience revelation itself and make others (by my example and love) experience the divine love revealed to me, than to study revealed or natural theology.

5. I think that there are two problems with the problem of evil according to what I have read and thought about:
(1) I think that if we have true free will, then we share some sovereignty and responsibility with God. That is, if we are to throw at him “why did you let this happen?” when someone suffers, the Lord is just as much justified to respond “why did you let this happen?” We are sovereign to get a stone and hit our neighbour, and God will do nothing, for he otherwise doesn’t let us freely learn His ways of love. Free will is, as C. S. Lewis said it very simply, freedom to do good but also freedom to do evil.
There is no systematic way by which we can know, of course, when God helps us and when it is we that are doing things, but I think that this is the point of the doctrine of synergism. Paul’s conversion is a clear example of Providence, while Abraham’s leap of faith when he is ready to kill his son is a clear example of human activity. (Nevertheless, even these two cases are synergistic, that is – in both man freely cooperates with the indispensable divine grace that saves.)
(2) I also think that there are two options to choose on the question which one comes first: God’s all-lovingness or God’s all-sovereignty? In the sense, will God make Himself incapable of doing some things so that man, in His image and likeness, can be both free and good – free in the sense of being exempt from any process of predestination, while God remaining as sovereign as sovereignty is in a world where his creation now free? Or will God remain just as sovereign as before creation – and thus predestining man to only feel free, to sin, and to deserve hell according to God’s standards of justice? I believe the first, and find the second unbelievable, and also irreconcilable with the first. Even if true, my human condition cannot permit me to love a God Who has decided that I will sin, and that according to His will I (or any other person) will suffer forever.

6. To go back to Mr. Charlton. Manwe, in the comment section,  talks about de-hellenization, and I think that he is right to be sceptical about it. Christianity is a living culture, not something that, once lost, can be restored by scholars (that is partly why I cannot be a Protestant). This is why I think that one must remain loyal to what already exists, and not “restore”.
(One reason why Catholicism and Anglicanism (and to a lesser extent Lutheranism) are my favourite Western faiths is because of their spirit of apostolic succession and of reforming only this which can be traced back as a recent and inorganic change, not “restoration”.)
On the other hand, I am an Orthodox exclusivist of a sort. I feel very uncomfortable with some versions of Western theology. I believe that Eastern Orthodoxy is, more than any other faith or philosophy, the remedy most satisfying for the human condition. So, things like the New Perspective on Paul, even if they are in the scholarly “restoration” spirit, are closer to historical Christianity than what they try to correct. There is a lot of good and true in the theology of N. T. Wright, for example. Wright has written works on theology that hasn’t been seen too often in the West, at least for a long while.

7. I hope nobody will take my exclusiveness as a desire to proselytize – I hate proselytism. We must evangelize not by stealing our flocks or even by talking to people for the sake of making them come to our churches, but by Christ-like love and guidance by the Holy Spirit.

 

I would be more than glad to read your comments (even of this kind) on my article!

Les deux types de jeunes gauchistes

Deux types de jeunes se forment dans nos sociétés. Premier est le gauchiste romantique, qui est libertaire et qui tout simplement veut de la liberté pour tous – une liberté pour qu’il puisse avoir l’autorisation sociale de faire ce qu’il veut – prise de drogue, polygamie, autonomie vis-à-vis parents, etc. Les jeunes de ce type sont la majorité de jeunes, tout simplement ignorants et laissés n’obéir qu’a leurs instincts. Même si tant que type de personnes, celles-ci sont moins admirables et plus immorales, leur corruption les empêche de vouloir un changement intellectuellement et idéologiquement élaboré – et ainsi inhumainement révolutionnaire.

Second est le gauchiste existentialiste, qui est quelqu’un de très intelligent. C’est une personne qui veut éliminer la société de consommation non pas parce qu’elle se rebelle contre ses parents, mais parce qu’elle est utopiste et non-essentialiste. Elle accepte que la société tout simplement n’a pas une essence fixe, et, plus souvent individuellement que collectivement, nous devons tous affirmer notre personnalité telle que nous la voulons. Le souci avec ce type de gauchiste est que dans son non-essentialisme, il est prêt à toute sorte de sauts de foi dans les directions les plus irréalistes et contre-nature pour l’homme. L’utopisme pour lui n’existe pas, car l’idée de l’impossibilité d’une certaine structure sociale présume une essence qui limite l’expression de la personnalité (collective ou individuelle). C’est du wishful thinking, mais aussi très difficile à réfuter. Les jeunes de ce type se manifestent dans les manifestations sur les campus, et on les verra plus souvent avec un livre entre les mains qu’avec un pantalon baissé ou une coiffure extravagante. Mais, comme C. S. Lewis c’était exprimé figurativement sur ce type de gens – peut-être qu’ils ont plus de chance d’aller au paradis que les autres, mais aussi ils ont plus de chance de créer un enfer ici-bas.

La corruption et imperfection dans toute société humaine est une évidence contre l’enthousiasme gauchiste de créer une  utopie, mais aussi une protection contre le gauchisme. Imaginez juste que l’homme était vraiment sans essence, que sa faillibilité était juste une cause des conditions sociaux et qu’il était tout à fait capable de pratiquer son ingénierie sociale sans le risque que quelque chose ne se passe pas comme prévu – le totalitarisme gauchiste se multiplierait par cent ! Quelque part, merci à Dieu pour la corruption !

Jan 2013 – Hiatus

It seems that during the last weeks I was a little busy to find time to write for the blog (mostly because of my studies), and therefore I wrote no articles for the whole month on January. As soon as I find an occasion, I will end the hiatus.

Meanwhile, you can check my Twitter for some interesting links that I have shared.

 
Il semble qu’au cours de ces dernières semaines, j’ai été un peu occupé pour pourvoir trouver du temps à écrire pour le blog (surtout à cause de mes études), et donc je n’ai pas encore écrit d’articles pour le mois de janvier. Dès que je trouve une occasion, je vais mettre fin à la pause.

En attendant, vous pouvez consulter mon Twitter pour certains liens intéressants que j’ai partagé.

Miscellaneous thoughts on religion, modernity and society

  1. Leftists have always seemed heroic and humanistic, saviors of humanity and rebells against tyranny. But once they get in charge, they show that power is power is power: whoever is in charge dictates the rules and the order.
    So, the conclusion is not that the government must go away. It is that the ordinary people must mind their own lives and that the State should mind its own business of protecting social order. The people should also mind that the State doesn’t get in their business, while the State should mind that the people continue to live in the same way as they always have so that evil brainwasher doesn’t appear and promise them an earthly heaven; and for this, they need to believe in a God’s Heaven. The people should be pious and resist a government that imposes heresy and impiety, and the government should protect the Church and the piety of the people against heretical or revolutionary intellectuals and ideologues.
    • Something like the Enlightenment was inevitable. (I sound so liberal!) We cannot reject pragmatism entirely – only/mostly its impiety. Its practicality is very useful. That’s especially true of worldly governments. A solution was necessary to the wars of religion that had arisen. Either (a) the total destruction, through violence and politics, of all except one forms of religion, or (b) the international policy of peace between nations Cujus regio, ejus religio, with the risk of uprisings and separatism, or (c) a similar scheme but on the local level – such as the Ottoman millets, or (d) a multi-confessional society. Obviously, (a) is inhuman and would  never really work except if Deus vult, and I think the Gospel wouldn’t really agree. The problem, in this fallen world is that (b) and (c) have led to more wars and separatism, and everybody sooner or later accepted the practical solution (d) of the impious Enlightenment thinkers.
    • Hilaire Belloc, in The Protestant Heresy, where he examines the political and socio-cultural consequences of the Reformation, says:

      while within the Protestant culture, where there was less definite doctrine to challenge, there was less internal division but an increasing general feeling that religious differences must be accepted; a feeling which, in a larger and larger number of individuals, grew into the, at first, secret but later avowed attitude of mind that nothing in religion could be certain, and therefore that toleration of all such opinions was reasonable.

      Thus, the fragmentation of Christendom ends up in liberal democracy (d). And in such societies, religion doesn’t matter – unless the piety and doctrines of the religions is very close. Violence doesn’t cease – because of the Fall, and particularly of the national vices and of irreligiosity. Wars of religion are no more – the moderns prefer wars of ideologies.

    • We (the politically/socially/culturally involved Christians) must, however, in this fallen world, do what we can so that stumbling blocks don’t become fashionable in our societies, like it is the case today with irreligion, drugs, pornography, consumerism, propaganda, sentimentalism, post-modernism, relativism, etc. Old popular habits die hard, and it is individual’s soul that is saved – but there are cultural and social entities about which we must be moralistic and authoritarian.
  2. We cannot talk about morality only in terms of “good vs evil”. In a sense, we can see things from a utilitarian or hedonistic point of view. It sounds somehow Chestertonian-ly confusing to say this, but I think that we can see God as the ultimate desire of the soul – and fasting is simply the abstinence of that which is only a sacred means to the end of tasting Saintliness in Heaven. The end justifies the means can be spiritually useful too – the end is obedience to Christ’s two commandments, and the means are man’s struggle with the passions, with doubt, etc., but also our patience and love towards the ungodly.
    I am not, of course, suggesting such compromises as the World Council of Churches or the Second Vatican Council, because they compromise our relation with the Good, the True and the Beautiful. I simply suggest that similar language, if used prudently, may make it easier for the Church to communicate with young people and even make it easier for them to learn that about that which sounds more dogmatic, authoritative or legalistic. We must not forget the practical just because the modernists misinterpret and dehumanize it.
  3. The true Christian should redeem humanism in a different way than “Christian” humanists and Secular humanists do. We must simply show that humanism can only be humane if we give up the humanism of today – which is based on utilitarianism and liberalism. I mean, utilitarianism? Humane?! Come on, give me a break…
    Abortion is inhuman, since it either doesn’t recognize as the fetus being in human, or either because it recognizes man as only an animal.
    What’s evil about this is that we tend to see humanism as the idea that man should conquer everything. But a man who thinks that man, made in the image of God, is the measure of all things, would certainly be able to define the word humane in another way than simply a sentimentalist word.

Dostoïevski et de Maistre – le trône, l’autel, la foi

Joseph de Maistre (1753-1821) et Fiodor Dostoïevski (1821-1881) sont deux grandes inspirations pour moi. Tous les deux ont essayé de défendre la foi chrétienne par-delà du rationnel. Tous les deux ont vécu pendant des temps où des mouvements révolutionnaires ont milité et se sont révoltés contre les monarchies et même les églises, et beaucoup d’entre eux l’ont fait au nom de la raison et de l’athéisme. De Maistre a vécu à l’époque de la révolution en France de 1789 et des guerres napoléoniennes, alors que Dostoïevski – l’époque de beaucoup de mouvements libéraux, socialistes et nihilistes. Tous les deux ont réagi en soutenant la foi contre la raison froide et athée, et en écrivant leurs œuvres en soutien des églises auxquelles ils appartenaient tant que les seules réponses à la condition humaine. De Maistre a montré un certain fidéisme (opposition de la foi à la raison en soutien de la foi), alors que Dostoïevski est considéré comme un existentialiste chrétien (montrant une vision typique orthodoxe).

 

Dostoïevski est un écrivain russe qui peut être lié au modernisme littéraire, car ses œuvres ne sont pas considérés comme du réalisme pur. Son inspiration de fuir la raison rassemble beaucoup à celle d’autres modernistes. Or, Baudelaire et Cioran ont tous les deux été inspirés par de Maistre – et le lien n’est pas une coïncidence. Quelques uns des modernistes ont choisi de fuir la raison en essayent de  connaitre la pensée réactionnaire.

L’écrivain russe était, avant d’aller en prison, un révolutionnaire et un athée. Il est fortement influencé (à travers ses écrits) par l’Evangile lui-même, car en prison on avait le droit de lire seulement la Bible et elle a laissé sa marque sur lui.

Quand il se convertit dans la foi orthodoxe, il devient aussi quelqu’un de droite car il commence à faire du sens du monde à partir de son point de vue orthodoxe, or les menaces gauchistes sont toutes athées ou au moins impies.

Ainsi, plongé dans la culture russe orthodoxe, il commence à partager l’avis que l’athéisme vienne des divisions causées par le protestantisme. Il va même plus loin avec cette pensée – il croit que la scolastique et l’humanisme catholiques sont les causes primaires de l’athéisme. Pour lui, les papes ne répondent pas comme un chrétien doit répondre à la modernité, mais avec des arguments d’autorité.

Son personnage dans Les Frères Karamazov, le Grand Inquisiteur, est inspiré par la vision de l’auteur du catholicisme romains, et notamment de Tomás de Torquemada. Son personnage, bien sur, est athée et représente plutôt l’esprit de l’époque et la vision que Dostoïevski offrait au lecteur de l’antéchrist. C’est aussi une manière d’explorer la psychologie athée – remplacement de la foi en Dieu par la foi en l’homme.

Les romans de Dostoïevski parlent très souvent de la modernité et de l’athéisme, mais on peut aussi rencontrer des passages où est exprimé un certain anticatholicisme. A travers un de ses personnages, l’écrivain écrit que le catholicisme est en déclin car il a été mis en question avec honnêteté, et non pas subvertit par des gens qui n’aiment pas Dieu. Dieu a été oublié en Occident et la foi en lui a été remplacée par l’humanisme (ces conclusions ont aussi été influencées par les préjugés de l’époque). Le peuple en Occident n’a pas été vraiment croyant, mais juste obéissant au clergé.

Par exemple, il y a une opposition entre deux moines dans Les Frères Karamazov. Le starets Zossime est véritablement orthodoxe, saint et rempli d’amour. Le père Théraponte est pharisaïque, clérical et autoritaire. (Un bon article pour les intéressés ici.)

Dans la vision du grand écrivain russe, la solution politique pour son pays, c’est que le peuple russe doit laisser tomber ses propres envies, et que les individus font pareil, et que ces envies soient sacrifiées pour une dévotion vers le Christ. Il n’y a pas de personne infaillible (que ce soit le monarque ou le clergé), mais le salut dans tous les sens possibles et voulues par Dieu est dans le Christ. Ainsi, le peuple doit faire un saut de foi, et il doit montrer qu’il a librement voulu servir Dieu, et non pas par intérêts personnels ou à cause de différents preuves rationnels. Dans Les Frères Karamazov, un des personnages dit:

Souviens-toi toujours, jeune homme, que la science du monde s’étant développée, en ce siècle principalement, elle a disséqué nos livres saints et, après une analyse impitoyable, n’en a rien laissé subsister. Mais en disséquant les parties, les savants ont perdu de vue l’ensemble, et leur aveuglement a de quoi étonner. L’ensemble se dresse devant leurs yeux, aussi inébranlable qu’auparavant, et l’enfer ne prévaudra pas contre lui [...] Car ceux qui ont renié le christianisme et se révoltent contre lui, ceux-là mêmes sont demeurés au fond fidèles à l’image du Christ, car ni leur sagesse ni leur passion n’ont pu créer pour l’homme un modèle qui fût supérieur à celui indiqué autrefois par le Christ. Toute tentative en ce sens a honteusement avorté.

On lit aussi que le personnage a une vision de la science pas nécessairement négative, mais d’une vision de la science comme insuffisante pour le salut de l’homme.

Dostoïevski lui-même a été intéressé par la suicidologie, étude psychologique du suicide. Ainsi, ses romans sont remplis de psychologie – et cela l’éloigne du réalisme car l’écrivain russe essaie d’entrer le plus profondément possible dans la psychologie de personnages plutôt symboliques que réalistes. C’est de cette manière qu’il est capable de nous montrer qu’on peut être quelqu’un avec le cœur d’un croyant tout en détestant Dieu (comme son personnage Ivan). Il y a aussi les relations père-fils qui jouent un rôle symbolique pour représenter les  relations Dieu-homme. Aliocha, un des personnages, est un jeune moine qui analyse la psychologie des gens pour savoir quand se taire et quand leur parler pour montrer vraiment son amour sans les provoquer de repousser le Christ. La psychologie et l’existentialisme sont aussi abordés dans Crime et Châtiment où le personnage retourne vers la foi car il ne peut pas vivre dans un monde où les meurtres qu’il a commis ne sont pas véritablement mauvais.

Politiquement, Dostoïevski est un monarchiste qui est critique des idées républicaines, libérales, socialistes et nihilistes qui viennent en Russie de l’Occident. Il a écrit aussi sur ces sujets, notamment dans Les Possédés, et défend le tsar russe contre ses ennemis. Il adhère aux idées du Byzantinisme et du Potchvennitchestvo (proche du Slavophilisme).

Il a eu aussi une vision de la Russie comme le pays orthodoxe qui doit unifier les peuples orthodoxes des Balkans (Panslavisme) et remplacer l’Empire ottoman musulman par un Empire byzantin orthodoxe (Byzantinisme).

 

Joseph de Maistre, mort dans la même année quand Dostoïevski est né, est un écrivain et philosophe savoisien. Il est un des plus connus représentants de la pensée contre-révolutionnaire et celle des anti-Lumières.

Il est un catholique ultramontain, pour qui le pape est le maitre moral et infaillible du monde. Même si les souverains doivent avoir le pouvoir absolu, la justice divine demande à ce qu’ils rendent compte devant l’évêque de Rome. Vu que le pape est infaillible, son autorité ne doit pas être questionnée et seule cette autorité peut mettre de l’ordre et de la justice sur terre. C’est dans son œuvre Du pape qu’il a décrit de la façon la plus complète ces idées sur l’autorité papale.

Ainsi, il blâme tous les non-catholiques pour le désordre. Il s’en prend au protestantisme, mais il est aussi critique des gallicans, des jansénistes et même des orthodoxes. Néanmoins, il trouve que toute religion est meilleure que pas de religion, car l’homme est violent par nature et car la piété est tire sa force de la religiosité. Pour lui, les autres églises qui ne font pas partie de l’Église catholique romaine sont instables et dans l’erreur, car elles ne sont pas sous l’autorité du pape qui est infaillible.

C’est un contre-révolutionnaire du trône et de l’autel, qui trouve que c’est très important de mettre le spirituel avant le temporel, car le spirituel vient directement de Dieu qui est Souverain de tout et de tous. Vis-à-vis les conflits entre état et église, il montre beaucoup d’amour pour l’église – et c’est une des raisons pour lesquelles il soutient l’idée que tous les chrétiens doivent s’unir autour du pape pour qu’ils soient tous ensemble plus forts. Ainsi, quand il critique les églises russe-orthodoxe et anglicane, il critique leur instabilités et faiblesses sociales et rarement leurs doctrines (ceci n’est pas le cas avec le protestantisme dont il critique toute la mentalité, même s’il désire la réconciliation avec eux aussi).

Si Dostoïevski a crée  le Grand Inquisiteur à l’image de Tomás de Torquemada, de Maistre est celui qui l’a défendu, avec toute l’Inquisition espagnole. En effet, il a même dit que l’église russe-orthodoxe (celle de Dostoïevski) était faible aussi parce qu’elle n’avait pas d’Inquisition qui fait que l’église et le clergé soient respectés en Occident et moins en Russie.

Joseph de Maistre croit aussi dans une foi par-delà de la raison et “par amour”. Son fidéisme contredit le catholicisme qui approche la raison par la manière fides quaerens intellectum. Il cherche à se justifier en disant qu’il tire ses idées de Thomas d’Aquin, mais on a l’impression qu’avec tout le déisme et rationalisme qu’il méprise, il ne peut pas avoir une très bonne vision de la scolastique. Ici, il se rapproche de l’existentialisme de Dostoïevski, en disant que la foi en Dieu est nécessaire à l’homme mais qu’elle doit être par-delà de la raison. Contrairement à Thomas d’Aquin, de Maistre ne croit pas que l’homme peut être amené à la foi par la raison et l’analyse du monde externe.

L’écrivain savoisien croit aussi que la souveraineté n’est pas questionnée – que l’homme croit ce qu’on lui dit, peut importe si cela et vrai ou faux, juste ou injuste. Beaucoup de gens pourront penser qu’il admire cela, mais ce n’est pas totalement une admiration au sens positif – il conclut en disant que si toute l’injustice et la violence de l’homme lui est naturelle, l’état qui les empêche plutôt qu’entraine est nécessaire – et tout aussi naturel pour l’homme. Ainsi, l’homme doit obéir au pape car le pape dit ce qui est vrai et juste, et parce que la seule autre alternative c’est soit d’obéir quelqu’un de moins juste, soit d’obéir à ses instincts et ainsi plonger la société dans une révolution. Les rois sont aussi importants, car ils représentent d’une façon socio-psychologique le règne de Dieu sur les hommes, et parce qu’ils  tirent leur souveraineté de Dieu (le fameux droit divin).

Pour de Maistre, la révolution de 1789 est une punition divine pour la manque de piété et obéissance au catholicisme de la part de la noblesse française (trop laïque, et le roi qui s’est même rapproché avec des protestants).

De la même façon que Dostoïevski voit un rôle spécial pour la Russie, Joseph de Maistre (et la droite française héritière de sa pensée) croit que la France est la fille ainée de l’Église catholique, et qu’elle a une mission super-naturelle. Cet article explique mieux la doctrine.

 

Pour conclure, on pourra regarder le Grand Inquisiteur et regarder si ce que Dostoïevski oppose est vraiment ce que de Maistre défend.

Le Grand Inquisiteur dit que le pape est infaillible et ainsi – que le catholicisme romain c’est juste le retour de l’Empire romain, le pape étant César. Cela est cohérent avec la vision des orthodoxes que les catholiques ne sont pas, comme Saint Marc d’Ephese a dit, seulement des schismatiques, mais aussi des hérétiques. La séparation n’est pas seulement ecclésiastique, mais doctrinale – même si Dostoïevski va plus loin et analyse les motivations derrière l’hérésie adoptée par l’Eglise latine. Mais Dostoïevski, connaissant l’Occident surtout de sa propre expérience, tend à exagérer la sécularisation de l’Église catholique, dans laquelle on peut trouver beaucoup de pieux chrétiens qui adorent et aiment la Sainte-Trinité comme les orthodoxes.

Dans la vision de Joseph de Maistre, il est vrai, que l’ordre terrestre est entièrement organisé sur l’obéissance. Mais Dostoïevski accuse que l’Église catholique a substitué même la foi en le Christ par l’obéissance au clergé et aux dogmes. De Maistre, même s’il croyait en l’infaillibilité du pape et en l’obéissance comme principe des relations humaines, refusait d’obéir aux autorités qu’il jugeait fausses et injustes – pour lui, c’est juste la nature humaine d’obéir, et qu’il y a toujours des boucs-émissaires dans la société qui seront sacrifiés pour le bon fonctionnement de celle-ci. Cela inclut les saints-martyrs, comme en Vendée, mais aussi les hérétiques qui empêchent la société chrétienne d’exister. Le mensonge doit sacrifier la vérité au nom de l’ordre, et la vérité doit sacrifier le mensonge pour la même raison, l’un des deux est inévitable. Or l’écrivain russe ne contredit pas son vilain, dans le poème Le Grand Inquisiteur, que les gens sont faibles et ils obéissent, et même il est d’accord que le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde – ainsi il peut comprendre que la violence reste nécessaire dans ce monde déchu. Voila un extrait des Soirées de Saint-Pétersbourg du compte de Maistre:

Rien n’est plus contraire à sa nature [de l'homme], et rien ne lui répugne moins : il fait avec enthousiasme ce qu’il a en horreur. N’avez-vous jamais remarqué que, sur le champ de mort, l’homme ne désobéit jamais ? il pourra bien massacrer Nerva ou Henri IV ; mais le plus abominable tyran, le plus insolent boucher de chair humaine n’entendra jamais là : Nous ne voulons plus vous servir. Une révolte sur le champ de bataille, un accord pour s’embrasser en reniant un tyran, est un phénomène qui ne se présente pas à ma mémoire. Rien ne résiste, rien ne peut résister à la force qui traîne l’homme au combat ; innocent meurtrier, instrument passif d’une main redoutable, il se plonge tète baissée dans l’abime qu’il a creusé lui-même; il donne, il reçoit la mort sans se douter que c’est lui qui a fait la mort.

Dostoïevski, au contraire, regardait le pouvoir terrestre de l’évêque de Rome comme un essai de construire le Royaume de Dieu sur terre. Avec le Grand Inquisiteur, il fait le lien entre l’antéchrist et le pape. Mais finalement, le pape a perdu son pouvoir et a quand même continué à prêcher le même message, à la place de se lier aux marxistes et d’autres utopistes antichristiques.

 

Ainsi, je trouve que les deux écrivains ne se contredisent fondamentalement pas dans leur philosophie – leur honnête foi et amour pour le Christ et leur idée que celle-ci est par-delà de la raison les lient, et même si tous les deux sont critiques des églises de l’un ou de l’autre, aujourd’hui toutes les deux ont souffert des attaques et des révolutions antichrétiennes, et toutes les deux ont du mal à se battre. Les modernistes et le Concile Vatican II ont affaiblit l’Église catholique romaine, vue comme très stable par de Maistre, alors que la vision de Dostoïevski d’un retour à la foi orthodoxe du peuple russe semble, aujourd’hui, loin de faite, n’en parlons même pas d’une restauration de l’Empire byzantin (duquel je trouve que toute politique orthodoxe doit être inspirée).