Cum dilectione hominum et odio vitiorum; ou les libéraux VS les musulmans

J’aurai du peut-être écrire cet article après le Carême, mais je me suis dit qu’établir les bases de ce blog, je dois le faire le plus vite possible.

En effet, les chrétiens, et les gens qui ont vu la Passion du Christ de Gibson, savent bien l’histoire de la femme adulatrice qui avait reçu la miséricorde du Christ quand les pharisiens allaient la lapider. Aujourd’hui, beaucoup de gens se plaignent et trouvent répugnant l’idée que dans les pays musulmans, on lapide les femmes qui ont commis l’adultère, et souvent – on cite ce passage pour leur dire que Jésus Christ aurait été contre ceci.

Ici est le moment que le lecteur de cet article abandonne soit toute émotion qui l’amènera à des réactions avant d’avoir fini l’article, soit la lecture de cet article.

En effet, voila le passage:

Jésus se rendit à la montagne des oliviers. Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S’étant assis, il les enseignait. Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t’accusaient? Personne ne t’a-t-il condamnée? Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus. (Jean 8:1-11, Louis Segond)

On voit ici, tout à la fin, “va, et ne pèche plus”. Donc, ce qu’elle avait fait, ce n’est quand même pas acceptable. Les pharisiens, ils se referaient au passage dans Lev. 20:10 “Si un homme commet un adultère avec une femme mariée, s’il commet un adultère avec la femme de son prochain, l’homme et la femme adultères seront punis de mort.” Mais, en effet, Jésus avait dit qu’il n’est pas venu pour abolir la Loi, et la Loi prescrivait une peine de mort pour l’acte d’adultère. Que se passe-t-il?

En effet, Jésus parle ici tant que Dieu, et Dieu est miséricordieux. Les pharisiens, ce n’est pas parce qu’ils ont voulu exécuter la peine de mort, qui était la chose normale à faire dans la société juive, mais ils le faisaient avec du plaisir, et avec un but – “pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser”. Mais ils ne sont pas Dieu, et leur peine de mort, ce n’est pas le Jugement dernier de Dieu. C’est prescrit, en effet, tant qu’un remède.

[Un homme crucifié avec le Christ dit:] Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes; mais celui-ci [Jésus] n’a rien fait de mal. Et il dit à Jésus: Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne. Jésus lui répondit: Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. (Luc 23:41-43, Louis Segond)

Jésus dit à ses disciples: Il est impossible qu’il n’arrive pas des scandales; mais malheur à celui par qui ils arrivent! Il vaudrait mieux pour lui qu’on mît à son cou une pierre de moulin et qu’on le jetât dans la mer, que s’il scandalisait un de ces petits. (Luc 17:1-2, Louis Segond)

On voit que Jésus n’a pas contesté la peine de mort de l’homme condamné avec Lui-même, et qu’en effet, juste sur sa croix, le criminel se repentit de ses péchés. En effet, la peine de mort est un des moyens pour que l’homme se repentit de ses chemins – parfois, même, le seul qui fera ça ou au moins mettra fin à sa corruption. Pour ceci, Jésus dit “il vaudrait mieux pour lui”.

Est-ce qu’aimer votre ennemi signifie ne pas le punir? Non, car m’aimer moi-même [référence au deuxième commandement du Seigneur Christ] ne veut pas dire que je ne dois pas me soumettre à la punition, même à la mort. […] J’imagine que quelqu’un dira: “Eh bien, si l’on est autorisé à condamner les actes de l’ennemi, et de le punir, et de le tuer, quelle différence reste entre la morale chrétienne et la vue ordinaire?” Toute la différence dans le monde. Rappelez-vous, nous, chrétiens, pensons que l’homme vit pour toujours. Par conséquent, ce dont il est vraiment questions sont ces petites marques ou les entorses à la partie centrale, intérieure de la l’âme qui vont la transformer, sur le long terme, en une créature céleste ou infernale. Nous pouvons tuer si nécessaire, mais nous ne devons pas haïr et prendre du plaisir à tuer. Nous pouvons punir si nécessaire, mais nous ne devons pas en prendre du plaisir. (C. S. Lewis, Les fondements du christianisme)

Le chrétien n’est pas un hédoniste – le plaisir terrestre n’est pas le bien ultime pour un homme, tout comme la douleur et la mort (qui sert à mettre fin aux péchés des gens, pour ne pas qu’ils durent éternellement) ne sont pas le mal ultime.

Donc, le criticisme des libéraux sur la lapidation des femmes dans le monde musulman n’est surement pas chrétien. La pitié de Dieu n’exclus pas la punition, en effet – la punition, permise par Dieu, peut être un acte salutaire et de grâce.

Que faire dans le monde occidental? Ne certainement pas restaurer la loi. Lewis dit “La loi doit remonter à nos normes lorsque nous nous améliorons, et [doit] descendre [avec nous] quand nous sommes dans la déchéance.” (C. S. Lewis, Sex in Literature). Donc, en sachant que les chrétiens ne sont pas sujets à la Loi (inspirée) de Moise, et avec le niveau  de corruption sexuelle depuis la révolution sexuelle, ce n’est surement pas ce qu’il faut faire. Il faut essayer d’abord à apprendre à l’homme que s’il profite de la raison et du libre arbitre, il peut peut-être en profiter aussi pour se retenir sexuellement. Le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde, nous ne le réaliserons pas, mais il faut néanmoins mettre à mort ses propres passions. Dans le Royaume de Dieu, il n’y aura pas de peine de mort, car il n’y aura pas des passions à mortifier. Dans nos jours, ce n’est pas le cas.

Mais, doit-on condamner ce qui se passe dans le monde musulman? C’est encore tôt, je pense, pour prendre une position. Si leur monde s’occidentalise, il faudra peut-être arrêter la peine de mort. Mais il faut aussi savoir que l’Islam n’est pas compatible avec cette occidentalisation. Le libéralisme n’a pas des lois externes pour l’homme, lui seul décide ce qu’il fait. Ce principe vient du christianisme – une relation avec un père spirituel est fort conseillée, pour apprendre à mortifier le péché et pour apprendre les principes de l’ascèse. Ce ne sont pas des règles externes, l’homme est libre devant Dieu, et il doit l’aimer et rester humble devant Lui, car il échoue non pas devant la Loi de Moise, mais devant l’Amour et la Grace en personne. Dans l’Islam, comme dans le Judaïsme, il y a des règles externes, qui sont imposées universellement (le Judaïsme ancien, néanmoins, prescrivait des différentes règles aux juifs et aux gentils). Et la règle de mettre à mort celui (surtout celle) qui commet l’adultère n’est pas à mettre en question. Dans le christianisme, c’est le cas – pas parce que c’est toujours mal, mais parce que dans nos temps, ce n’est pas la chose chrétienne à faire – un génocide puritain des pécheurs.

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