Le lien entre l’obscurantisme et la religion

L’encyclopédie virtuelle Larousse définit l’obscurantisme comme :

Opposition à la diffusion de l’instruction, de la culture, au progrès des sciences, à la raison, en particulier dans le peuple.

Les raisons peuvent être différentes – le plus souvent c’est la peur de ce que la science peut entrainer comme comportement, que la science va emmener au scientisme, ou qu’une idée préconçue sera réfutée.

 

Historiquement, les chrétiens en Occident ont parfois soutenu un certain obscurantisme, que ce soit pour sauver des vertus comme la piété ou pour sauver le système de dépendances qu’est la société. Parfois, comme c’est le cas des créationnistes de la jeune-terre, ceci est nécessaire car la science contredit les idées préconçues des idéologies religieuses.

L’image chrétienne de la science met la science à sa place – dans le même domaine que (par exemple) le labeur. Elle n’est pas juste un moyen pour pouvoir maitriser la nature, mais aussi elle améliore et met en évidence l’image divine en nous. Tout comme le labeur n’est pas juste une obligation pour pouvoir avoir quoi à manger, mais aussi la pratiquer est une vertu, et rester sans travailler (s’amuser ou ne rien faire du tout) est un détriment pour l’homme créé en l’image de Dieu !

 

L’humanisme d’aujourd’hui a donné plus d’importance à la science et l’a plus vite fait progresser. Mais, comme Francis Bacon, il a aussi vite oublié ce sentiment d’impiété que certains poètes comme Virgile, Tasso ou Spenser, ont décrit au sujet des arbres ensanglantés – il suffit de ne plus traiter les choses comme quelque chose de sacré mais comme quelque chose d’utile et de les traiter d’une façon chirurgicale, et nous n’aurons plus les peurs superstitieuses vis-à-vis les corps des décédés !

 

Néanmoins, je continue à tirer la conclusion que toute idéologie – religieuse ou pas – s’est parfois montrée obscurantiste, et que ça continue toujours d’être une possibilité !

Dans le cas des modernistes, ce n’est pas seulement le journalisme qui pervertit très souvent les conclusions de différentes recherches scientifiques, historiques, etc. (Lisez des magasines spécialisés !!) Tout suit des idées préconçues – ainsi, les féministes ne peuvent pas assumer que les différences entre les genres sont si radicales qu’elles influencent le fonctionnement-même de la société et de la famille. Ceci voudra dire que l’autonomie de l’individu et sa possibilité de s’autodéterminer est limitée, et on ne peut pas accepter ces faits.
L’idée que l’homme nait une table rase a été aussi réfutée par la psychologie et la neurobiologie, mais le libéralisme continue à être basé sur cette idée.

L’idée que la science n’est utile que pour le progrès de la société envers la conquête de la nature n’est pas une idée scientifique, mais une idée préconçue et culturellement limitée à la modernité de l’Occident. Des différentes agendas/idéologies seront ainsi prêtes à empêcher leurs propres réfutations.
De la même façon – l’empirisme n’est pas tiré de la science empirique, il est une idée métaphysique préconçue.

 

Très souvent, la question d’utiliser la science pour prouver ou réfuter une idée préconçue est déjà décidée dans la mentalité d’une personne qui veut croire ou ne pas croire cette idée. D’un point de vue existentialiste et/ou orthodoxe, je pourrai dire que l’empirisme occidental est le produit de la volonté de ne pas croire. Le protestantisme – de la volonté de ne pas croire dans les reliques (par exemple) parce qu’elles peuvent être fausses. L’athéisme – car ce qui est dit dans la Bible est scientifiquement faux. Des excuses, des excuses… Moi aussi j’accepte la possibilité des fausses reliques ou de la science réfutée des époques bibliques, mais je ne base tout simplement pas ma foi en Dieu sur ceci (les reliques ou la Bible) – la croyance dans le christianisme commence avec le pas de la volonté de croire, la croyance dans l’athéisme – avec celui de la volonté de ne pas croire. Et la culture dans laquelle la science moderne a grandi est une culture de l’incroyance. Or, l’homme tant qu’espèce s’est montré universellement religieux, et la foi en Dieu – semée dans notre propre nature.

Ici je ne peux pas nécessairement parler en accord avec les chrétiens d’Occident, car plusieurs fois c’est rationnellement (ou par l’argument d’autorité) qu’ils ont voulu combattre l’esprit de l’incroyance.

 

Il y a quelques années, j’avais dit à un ami athée avec qui je débattais, que le nihilisme est contre la morale et l’amour, et il m’a répondu que néanmoins le nihilisme est pour la science. Après un bon temps de réflexion je suis prêt à répondre – ceci n’est pas vrai ! Quelqu’un qui va trop loin dans la volonté de puissance ne voudra pas nécessairement que son pouvoir (sur son propre bien-être ou sur l’autrui) soit questionné par les arguments scientifiques ! Par contre, il peut tromper les gens en établissant son avis comme scientifiquement prouvé. L’homme simple/moyen ne fera pas la distinction, mais l’homme éduqué saura que la science s’occupe seulement des faits empiriques.

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