Mes problèmes avec le discours et les débats contemporains

L’erreur réductionniste. Le commun entre le freudien ou le marxiste et le philosophe ou chercheur honnête, c’est qu’ils cherchent la vérité. La différence, c’est que le premier groupe réduit souvent les objections à leurs arguments à des causes ou motivations irrationnelles. Le deuxième groupe ne renie pas la possibilité, mais continue à argumenter en se basant uniquement sur le contenu rationnel des arguments. On peut tout aussi facilement étudier les motivations économiques de quelqu’un qui accepte le marxisme, et les causes psychologiques chez les gens qui étudient la psychanalyse, ou qui réduisent tout à des causes ou motivations irrationnelles, ou chez ceux qui ne croient pas en Dieu. Cela peut même être vrai ou utile, mais l’utiliser pour réfuter son adversaire est malhonnête.

L’erreur du vœu pieux. L’homme honnête aime la vérité, et veut qu’il soit conforme à elle, tout en sachant qu’elle ne sera pas toujours confortable pour lui. Son ami, le rêvasseur, il décide que les hommes de son époque ne sont pas libres, qu’il manque d’égalité entre les hommes, et que les droits de l’homme ne sont pas respectés. Par conséquent, puisque la liberté, l’égalité et les droits de l’homme lui plaisent et qu’ils doivent se répandre dans la société, il se dira qu’ils doivent avoir une base dans la réalité. Autrement dit, ils lui plaisent, donc ils sont vrais. La seule bonne mesure de liberté, c’est le maximum de liberté.
L’existentialiste, lui, il trouve que nous vivons dans un monde absurde. Il décide que si nous avions des essences fixe, alors nous serions limités, que notre libre arbitre serait limité parfois par ce qui est naturel pour nous. Avoir déjà calomnié et psychanalysé l’homme honnête, il décide que si la réalité n’est pas soumise à l’homme mais que l’homme lui est soumis, sa volonté serait limitée. Donc, il décide que nous n’avions pas d’essence fixe.

L’erreur du mythe du progrès. Le mythe: au début de la modernité, on a eu la Renaissance, qui a réfuté des superstitions; puis la reforme protestante, qui nous a appris la tolérance d’opinions; puis la révolution copernicienne, qui a appris à l’humanité que si Dieu existe, il s’en fout de nous; puis la révolution des Lumières, qui nous a apporté la raison et met l’Homme au centre de la société; puis la révolution française, qui nous a apporté la démocratie, la liberté et l’égalité; et puis mai 68 qui nous a apporté encore plus de liberté, d’égalité et de bien-être.
Les faits: le racialisme scientifique a été de retour avec la modernité malgré l’universalisme chrétien; la Renaissance n’a pas toujours traité la vérité en tant qu’une fin en soi, sinon elle n’aurait pas ignoré l’importance de la métaphysique; après 1492, on a connu le retour de l’esclavage; la reforme protestante a poussé la société et la politique, peu à peu, à donner plus d’importance à la tolérance et liberté des opinions qu’à leur véracité et établissement.; les Lumières présumaient le christianisme faux sans jamais l’avoir réfuté, tout en le méprisant et en basant sur son universalisme leurs idées des droits de l’homme; 1789 a renié la France et son Dieu pour en créer une nouvelle, usurpatrice; mai 68 a aliéné les individus en les libérant de leurs liaisons de dépendances et devoirs envers les uns les autres.
L’histoire n’est pas seulement un zigzag, où le progrès dans un domaine se passe simultanément avec le déclin dans un autre, elle est même bien plus ennuyante que toutes les historiographies avec des événements symboliques et les complots.
De plus, la conception mémétique du gène égoïste nous montre qu’il y a une grande possibilité que si un même (une idée) survit la sélection naturelle, c’est parce que le même est plus fort, et non pas parce que l’idée qu’il répand est vraie. Moderne ne signifie pas nécessairement ni bon ni vrai.

L’importance des principes fondamentaux. Pour pouvoir argumenter en politique, il faut savoir si l’on est d’accord avec ses adversaires idéologiques sur cela. Quel état de la société est-il désirable en-soi? Présume-t-on un principe omniprésent et primaire pour toute chose, le Logos? S’il y a un Logos, toutes les valeurs viennent de lui – même si on rejette la théocratie et décide que l’homme est la mesure de toute chose, ce sera un homme en l’image de Dieu. S’il n’y en a pas, alors il faut choisir entre l’humanisme laïc ou le nihilisme (ultimement, c’est la même chose). Toute idée a des conséquences. Est-ce que c’est le Vrai, le Beau et le Juste qui sont les fins de l’humain, ou est-ce que ce sont la liberté, l’égalité et l’autonomie? Tout cela, on le présume en tant que principes fondamentaux qu’on ne remet pas en question. Dans ce domaine, je pourrai être d’accord que l’on m’accuse d’être un ennemi de l’égalité et du multiculturalisme. Je le suis – mais c’est parce que je ne pense pas que l’égalité doit être toujours au maximum mais qu’elle doit être mise à sa place juste, et que le multiculturalisme d’aujourd’hui est une erreur. Tout doit être conforme au Vrai, Beau et Juste, c’est cela mon point de départ. Et je présume que ce que l’on voit comme Vrai, Beau et Juste transcende l’homme et est révélé par Celui qui transcende l’homme! Depuis des temps primordiaux, l’homme, création de la Vérité, ne peut pas l’oublier et ne pas la désirer. La division philosophique, culturelle et idéologique primaire, c’est entre celui qui croit en cet ordre transcendant et celui qui ne croit pas.

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