Le vœu pieux de l’égalité

Objectivement, la nature ne suggère point de besoin, de nécessité et/ou de justice vis-à-vis le concept de l’égalité – que celle-ci soit entre deux ou plusieurs individus ou groupes, et qu’elle soit dans le domaine social, culturel, économique ou politique. Au contraire, la sélection naturelle suggère le conflit entre la volonté des forts et celle des faibles et la victoire des premiers, peu importe qui dit ou veut quoi. Dans le meilleur cas, l’égalitarisme est un vœu pieux, dans le pire – c’est une expression d’envie du faible envers le fort. En tout cas, c’est une opinion erronée. L’égalitarisme est le résultat des opinions erronés (a) que les choses n’ont pas une nature qui leur est propre et inhérente, (b) que l’ordre social spontané est toujours pire que l’ordre social bâti sur la volonté et les calculs de l’homme, et (c) que la société existe non pas parce que c’est inhérent pour l’homme d’appartenir à une communauté non-choisie mais que la société est fondée sur le consentement, sur un “contrat social”.

La seule manière de juger si quelque chose ne va pas bien dans le monde, c’est d’apprendre comment le monde marche proprement – en observant le monde. Il ne peut y avoir une injustice dans la façon d’être du monde, car toute notion de justice ne peut qu’être tirée de la façon d’être du monde (ou révélée par le Créateur du monde). L’homme ne va pas devenir beaucoup plus bienfaisant ou malfaisant si on essaie de réinviter la société selon des calculs – il faut toujours tenir compte de ce qui est bien et de ce qui est mal dans l’homme. Le sexe masculin, en général, est né plus fort que le féminin, plus autoritaire et ne peut pas porter d’enfants – donc c’est naturel et juste que tous les soldats soient des hommes, que la société soit patriarcale, et que l’homme ait plus de liberté sexuelle que la femme. Selon les standards naturels de notre espèce, ceci est juste – toute notion d’injustice ne peut venir que des opinions abstraits (“notre espèce n’est pas sensée être comme elle est… car ca me déplaît”).*

Si certains veulent prouver qu’homme et femme s’est “pareil”, qu’ils sont interchangeables, que, comme le comte de Maistre a dit, “la nature de la vipère est d’avoir des ailes et une voix mélodieuse, et que celle du castor est de vivre isolé sur le sommet des plus hautes montagnes” – c’est à eux de le prouver. Jusqu’à là, il ne faut que se baser sur ce dont on a déjà eu l’expérience – notamment le monde, tel qu’il est.

 

*Dans d’autres cas, la révélation peut aussi donner une explication de la souffrance des personnes dans l’état dans lequel le monde est et leur sens d’injustice (“l’humanité est déchue de son état originel”). Sans cette révélation, c’est Nietzsche qui a raison: “Il ne faut rien demander d’autre, ni dans le passé, ni dans l’avenir, pour toute éternité. Il faut non seulement supporter ce qui est nécessaire, et encore moins le cacher — tout idéalisme c’est le mensonge devant la nécessité — il faut aussi l’aimer”.

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